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By Chloe Rhys

Ce n’est pas toujours évident de se motiver pour sortir faire du sport en plein hiver, et les options pour se dépenser tout en restant au chaud chez soi ne vont souvent pas plus loin que de récurer vigoureusement les plaques de sa machine à raclette.

C’est donc le moment parfait pour la sortie du fruit d’un partenariat entre Microsoft XBox et Nike autour d’un programme d’entrainement sportif à domicile (oui, je dis bien “programme d’entrainement”, et non pas “jeu vidéo”) : Nike + Kinect Training.

La volonté de s’attaquer au marché de la console est une étape tout à fait logique dans la stratégie globale de Nike de ces dernières années pour se placer comme la marque de sport la plus en avance dans le secteur du digital- profitant de la folie smartphone / réseaux sociaux pour développer aussi bien du software que du hardware avec un écosystème de produits Hi-Tech et d’apps complémentaires qui accompagnent la pratique sportive avant, pendant et après l’effort – la rendant plus facile à mesurer, plus sociale, plus encadrée, plus dynamique…

Ainsi, Le Nike +  Kinect Training reprend l’unité de mesure propre à Nike, les “Fuel”, basé sur un algorithme à recette secrète (issue de recherche autour de la cinétique de l’oxygène) qui témoigne de l’exercice fourni au long de l’entrainement (prenant en compte le temps, le nombre de pas, les calories et … ? ) et qui se synchronise donc avec les données accumulées lors du port du bracelet Fuelband.

 

 Nike + Kinect Training bénéficie donc de la crédibilité et de la qualité issues de ce partenariat ainsi que de la compatibilité avec l’écosystème déjà bien avancé développé par Nike. Le jeu est beau (ça te dirait de t’entrainer dans un immense loft New-Yorkais au design moderne et épuré ?). Les deux coachs sportifs ressemblent réellement à leurs avatars virtuels – ce qui enlève un peu le côté bizarre qui peut être ressenti lorsqu’on écoute des conseils de forme venant d’un être dont la forme n’est que virtuelle. Les mouvements sont fluides, et  les bugs semblent beaucoup moins courants que ce qu’on a pu voir sur des jeux similaires.

Ce n’est bien sur pas le premier “Exergame” pour le Kinect, mais c’est sans doute le plus sérieux sur le plan sportif, voir peut-être le plus réussi graphiquement – avec une vrai volonté de se différencier des jeux sportifs plus casuals – tels que Zumba Fitness qui a fait fureur cette année, mais qui peut sans doute tirer un trait sur tout le marché masculin – ou bien un jeu très réussi sur le plan sportif mais beaucoup plus « niche » comme UFC Personal Trainer, (qui change la vie des gens, à en croire la vidéo promo) avec son programme de mise en forme tiré des entrainements de MMA.

La pratique sportive semble d’ailleurs être l’une des utilisations les plus évidentes pour le Kinect et autres accessoires de détection du mouvement des consoles de jeux… Mais les “Exergames” ne sont pas nés avec la Wii Fit (qui d’ailleurs en est aujourd’hui à plus de 27 millions d’exemplaires vendus dans le monde, et risque de refaire un gros coup avec la sortie prochaine du Wii Fit U)

Les tentatives plus ou moins réussies de faire converger deux univers qui semblent au premier abord complètement incompatibles, le sport et le jeu vidéo, remontent en fait aux tout début du jeu vidéo.

Il y avait pour commencer – Spinnaker Aerobics pour Atari, sorti en 1984, où l’on se contentait de suivre à l’écran les mouvements d’une adorable bonne femme en bâtons, composée d’un nombre très réduit de pixels. « On peut même choisir ses exercices ! » était l’argument de vente principal de ce jeu.

Puis, Bandai sort Dance Aerobics et Family Trainer pour NES au Japan (1987) et en Europe (1989) – une véritable innovation dans le genre, car on y intègre déjà le côté interactif, grâce au contrôleur « Powerpad » (d’ailleurs réédité pour la Wii) qui, comme un jeu de Twister, permet au joueur de marcher sur des ronds de couleurs sur un tapis en plastique pour contrôler son personnage.

Les années 2000 ont vu l’explosion des jeux de danse et de musique, et nous ont prouvé qu’il est tout à fait possible d’être un champion de Rock Band sans avoir jamais joué d’un instrument, ou de briller dans Dance Dance Revolution en n’ayant aucun sens du rythme. On peut très bien gagner seulement grâce à une bonne technique de jeu (placement, savoir appuyer au bon moment). Regardez un peu les grands champions de Dance Dance Revolution, et vous vous apercevrez qu’ils n’ont pas vraiment le physique du danseur professionnel…

Là est donc la grande différence entre ces jeux et des « programmes d’entrainement » tels que le Nike + Kinect Training, où un effort physique considérable est vraiment nécessaire pour avancer et compléter des missions.

C’est surtout un accompagnateur, une source de motivation et un complément à votre pratique sportive habituelle, un programme individualisé basé sur vos compétences et objectifs avec des exercices classiques et efficaces – pompes, squats, fentes – bien plus que des mini-jeux ludiques que vous trouverez sur le Wii Fit. Assurez-vous juste que vous avez au moins quelques mètres carrées pour bouger devant la télévision (le Kinect aura du mal à vous capter correctement si vous êtres trop proche de l’écran).

Pour en savoir plus sur l’histoire des jeux sportifs – je conseille la lecture de cet article de 1985 sorti tout droit des archives de Atari Magazine et qui explique comment “garder la forme à l’aide de son ordinateur“.  C’est assez passionnant de revenir sur les origines de l’association sport/technologie de l’époque pre-iPhone. 

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By Chloe Rhys

Ce n’est pas toujours évident de se motiver pour sortir faire du sport en plein hiver, et les options pour se dépenser tout en restant au chaud chez soi ne vont souvent pas plus loin que de récurer vigoureusement les plaques de sa machine à raclette.

C’est donc le moment parfait pour la sortie du fruit d’un partenariat entre Microsoft XBox et Nike autour d’un programme d’entrainement sportif à domicile (oui, je dis bien “programme d’entrainement”, et non pas “jeu vidéo”) : Nike + Kinect Training.

La volonté de s’attaquer au marché de la console est une étape tout à fait logique dans la stratégie globale de Nike de ces dernières années pour se placer comme la marque de sport la plus en avance dans le secteur du digital- profitant de la folie smartphone / réseaux sociaux pour développer aussi bien du software que du hardware avec un écosystème de produits Hi-Tech et d’apps complémentaires qui accompagnent la pratique sportive avant, pendant et après l’effort – la rendant plus facile à mesurer, plus sociale, plus encadrée, plus dynamique…

Ainsi, Le Nike +  Kinect Training reprend l’unité de mesure propre à Nike, les “Fuel”, basé sur un algorithme à recette secrète (issue de recherche autour de la cinétique de l’oxygène) qui témoigne de l’exercice fourni au long de l’entrainement (prenant en compte le temps, le nombre de pas, les calories et … ? ) et qui se synchronise donc avec les données accumulées lors du port du bracelet Fuelband.

 

 Nike + Kinect Training bénéficie donc de la crédibilité et de la qualité issues de ce partenariat ainsi que de la compatibilité avec l’écosystème déjà bien avancé développé par Nike. Le jeu est beau (ça te dirait de t’entrainer dans un immense loft New-Yorkais au design moderne et épuré ?). Les deux coachs sportifs ressemblent réellement à leurs avatars virtuels – ce qui enlève un peu le côté bizarre qui peut être ressenti lorsqu’on écoute des conseils de forme venant d’un être dont la forme n’est que virtuelle. Les mouvements sont fluides, et  les bugs semblent beaucoup moins courants que ce qu’on a pu voir sur des jeux similaires.

Ce n’est bien sur pas le premier “Exergame” pour le Kinect, mais c’est sans doute le plus sérieux sur le plan sportif, voir peut-être le plus réussi graphiquement – avec une vrai volonté de se différencier des jeux sportifs plus casuals – tels que Zumba Fitness qui a fait fureur cette année, mais qui peut sans doute tirer un trait sur tout le marché masculin – ou bien un jeu très réussi sur le plan sportif mais beaucoup plus « niche » comme UFC Personal Trainer, (qui change la vie des gens, à en croire la vidéo promo) avec son programme de mise en forme tiré des entrainements de MMA.

La pratique sportive semble d’ailleurs être l’une des utilisations les plus évidentes pour le Kinect et autres accessoires de détection du mouvement des consoles de jeux… Mais les “Exergames” ne sont pas nés avec la Wii Fit (qui d’ailleurs en est aujourd’hui à plus de 27 millions d’exemplaires vendus dans le monde, et risque de refaire un gros coup avec la sortie prochaine du Wii Fit U)

Les tentatives plus ou moins réussies de faire converger deux univers qui semblent au premier abord complètement incompatibles, le sport et le jeu vidéo, remontent en fait aux tout début du jeu vidéo.

Il y avait pour commencer – Spinnaker Aerobics pour Atari, sorti en 1984, où l’on se contentait de suivre à l’écran les mouvements d’une adorable bonne femme en bâtons, composée d’un nombre très réduit de pixels. « On peut même choisir ses exercices ! » était l’argument de vente principal de ce jeu.

Puis, Bandai sort Dance Aerobics et Family Trainer pour NES au Japan (1987) et en Europe (1989) – une véritable innovation dans le genre, car on y intègre déjà le côté interactif, grâce au contrôleur « Powerpad » (d’ailleurs réédité pour la Wii) qui, comme un jeu de Twister, permet au joueur de marcher sur des ronds de couleurs sur un tapis en plastique pour contrôler son personnage.

Les années 2000 ont vu l’explosion des jeux de danse et de musique, et nous ont prouvé qu’il est tout à fait possible d’être un champion de Rock Band sans avoir jamais joué d’un instrument, ou de briller dans Dance Dance Revolution en n’ayant aucun sens du rythme. On peut très bien gagner seulement grâce à une bonne technique de jeu (placement, savoir appuyer au bon moment). Regardez un peu les grands champions de Dance Dance Revolution, et vous vous apercevrez qu’ils n’ont pas vraiment le physique du danseur professionnel…

Là est donc la grande différence entre ces jeux et des « programmes d’entrainement » tels que le Nike + Kinect Training, où un effort physique considérable est vraiment nécessaire pour avancer et compléter des missions.

C’est surtout un accompagnateur, une source de motivation et un complément à votre pratique sportive habituelle, un programme individualisé basé sur vos compétences et objectifs avec des exercices classiques et efficaces – pompes, squats, fentes – bien plus que des mini-jeux ludiques que vous trouverez sur le Wii Fit. Assurez-vous juste que vous avez au moins quelques mètres carrées pour bouger devant la télévision (le Kinect aura du mal à vous capter correctement si vous êtres trop proche de l’écran).

Pour en savoir plus sur l’histoire des jeux sportifs – je conseille la lecture de cet article de 1985 sorti tout droit des archives de Atari Magazine et qui explique comment “garder la forme à l’aide de son ordinateur“.  C’est assez passionnant de revenir sur les origines de l’association sport/technologie de l’époque pre-iPhone. 

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