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By Marc Arlin

Après une première édition prometteuse, le festival créé sous l’égide de la bible indie Pitchfork passe à la vitesse supérieure : 3 jours, 2 scènes et 40 groupes parmi lesquels M83, Sebastien Tellier ou Animal Collective. Un média numérique tel que Pitchfork doit-il passer par l’organisation d’un évènement physique pour toucher un nouveau public, à l’heure de la dématérialisation de la musique ? Comment s’organise sa communication à l’ère des réseaux sociaux ? Interview croisée de Chris Kaskie, directeur de Pitchfork et de Julie Bathelier, responsable de la communication de Super, l’agence qui co-organise le festival.

Pourquoi avoir choisi Paris pour vous établir en Europe ?

Julie : En fait, c’est Julien Catala, le directeur de Super, qui a approché Pitchfork il y a deux ans pour proposer une déclinaison de leur festival d’été à Chicago.

Chris : Paris est une ville qu’on adore et qui semblait être le parfait équilibre entre nos deux maisons aux Etats-Unis – New York et Chicago. La musique que nous défendons trouve un écho particulier en France, en comparaison avec d’autres pays européens. Le marché automnal des festivals est aussi moins saturé que l’été.

Peut-on aujourd’hui considérer Pitchfork comme une marque forte en France ?

Julie : En seulement une année, le label Pitchfork a trouvé sa place. Accueillir près de 20 000 festivaliers (contre 8 000 l’an dernier) avec une programmation aussi pointue prouve à quel point la marque s’est installée dans le paysage musical français.

Organiser un festival est-il l’extension naturelle d’un média musical numérique ?

Chris : Je pense, oui. C’est la meilleure façon de concrétiser de façon tangible ce sur quoi nous travaillons tous les jours. Le festival est une façon d’impliquer notre public d’une manière que je définirais par “IRL not URL”. C’est aussi un point d’entrée privilégié pour le public vers les nouveaux artistes. Pour un média comme le nôtre qui cherche à être défricheur, cette dimension est très importante.

Julie : C’est une occasion de rencontrer les lecteurs du site, pas seulement français puisque 40% du public venait de l’étranger l’an dernier.

Comment envisagez-vous la communication d’un tel évènement à l’heure où les infos filtrent de plus en plus vite sur les réseaux sociaux et où l’attente du public est décuplée ?

Julie : Toutes les annonces ont été faites en coordination avec les équipes de Pitchfork, à Chicago. Pour répondre à l’attente du public, nous avons annoncé les groupes au fur et à mesure des confirmations, avec une première salve très tôt, dès mai. Du à l’internationalité du public, nous nous sommes efforcés de communiquer autant en anglais qu’en français.

Chris : Le site n’a pas de partie dédiée aux commentaires ni de forum. Les réseaux sociaux nous servent donc de plateforme d’échange avec nos lecteurs. On essaie d’instaurer un dialogue permanent sur la programmation et sur nos choix, à l’image de ce que font nos amis du Primavera (NDLR : depuis 2009, Pitchfork programme chaque année une scène du festival barcelonais).

Les festivals proposent de plus en plus de streaming en direct de leurs concerts. Ne pensez-vous pas que cela puisse déprécier l’expérience live ?

Chris : Non car rien ne remplace la sensation physique qu’on ressent devant un concert. Malheureusement, tout le monde ne peut pas en profiter. Je trouve au contraire que ça renforce la puissance d’évocation du festival, qui diffuse des images fortes partout dans le monde, en direct. C’est presque addictif.

Julie : La première édition n’avait pas été retransmise mais pour celle-ci, 20 concerts sont diffusés en direct sur le site d’iconcerts.

Pitchfork est parfois critiqué pour une certaine standardisation des goûts de son lectorat, voire de la musique indie en général. Que répondez-vous à ces accusations ?

Chris : Nous travaillons dur depuis 15 ans pour exprimer une voix qui compte. Notre public nous fait confiance et sait qu’il peut se tourner vers nous pour un journalisme musical honnête et de qualité. C’est une relation privilégiée que nous avons construit et développé au fil des ans. L’effet que cela peut produire sur le monde extérieur est indépendant de notre volonté. Mais je pense que Pitchfork est une goutte d’eau dans l’océan médiatique : après tout, il s’agit de musique, pas de politique.

Pitchfork Festival Paris, du 1er au 3 novembre à la Grande Halle de la Villette (Paris) avec M83, James Blake, Sebastien Tellier, Chromatics, Animal Collective, Grizzly Bear, Twin Shadow, Simian Mobile Disco…
Toutes les infos sur Pitchfork.

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By Marc Arlin

Après une première édition prometteuse, le festival créé sous l’égide de la bible indie Pitchfork passe à la vitesse supérieure : 3 jours, 2 scènes et 40 groupes parmi lesquels M83, Sebastien Tellier ou Animal Collective. Un média numérique tel que Pitchfork doit-il passer par l’organisation d’un évènement physique pour toucher un nouveau public, à l’heure de la dématérialisation de la musique ? Comment s’organise sa communication à l’ère des réseaux sociaux ? Interview croisée de Chris Kaskie, directeur de Pitchfork et de Julie Bathelier, responsable de la communication de Super, l’agence qui co-organise le festival.

Pourquoi avoir choisi Paris pour vous établir en Europe ?

Julie : En fait, c’est Julien Catala, le directeur de Super, qui a approché Pitchfork il y a deux ans pour proposer une déclinaison de leur festival d’été à Chicago.

Chris : Paris est une ville qu’on adore et qui semblait être le parfait équilibre entre nos deux maisons aux Etats-Unis – New York et Chicago. La musique que nous défendons trouve un écho particulier en France, en comparaison avec d’autres pays européens. Le marché automnal des festivals est aussi moins saturé que l’été.

Peut-on aujourd’hui considérer Pitchfork comme une marque forte en France ?

Julie : En seulement une année, le label Pitchfork a trouvé sa place. Accueillir près de 20 000 festivaliers (contre 8 000 l’an dernier) avec une programmation aussi pointue prouve à quel point la marque s’est installée dans le paysage musical français.

Organiser un festival est-il l’extension naturelle d’un média musical numérique ?

Chris : Je pense, oui. C’est la meilleure façon de concrétiser de façon tangible ce sur quoi nous travaillons tous les jours. Le festival est une façon d’impliquer notre public d’une manière que je définirais par “IRL not URL”. C’est aussi un point d’entrée privilégié pour le public vers les nouveaux artistes. Pour un média comme le nôtre qui cherche à être défricheur, cette dimension est très importante.

Julie : C’est une occasion de rencontrer les lecteurs du site, pas seulement français puisque 40% du public venait de l’étranger l’an dernier.

Comment envisagez-vous la communication d’un tel évènement à l’heure où les infos filtrent de plus en plus vite sur les réseaux sociaux et où l’attente du public est décuplée ?

Julie : Toutes les annonces ont été faites en coordination avec les équipes de Pitchfork, à Chicago. Pour répondre à l’attente du public, nous avons annoncé les groupes au fur et à mesure des confirmations, avec une première salve très tôt, dès mai. Du à l’internationalité du public, nous nous sommes efforcés de communiquer autant en anglais qu’en français.

Chris : Le site n’a pas de partie dédiée aux commentaires ni de forum. Les réseaux sociaux nous servent donc de plateforme d’échange avec nos lecteurs. On essaie d’instaurer un dialogue permanent sur la programmation et sur nos choix, à l’image de ce que font nos amis du Primavera (NDLR : depuis 2009, Pitchfork programme chaque année une scène du festival barcelonais).

Les festivals proposent de plus en plus de streaming en direct de leurs concerts. Ne pensez-vous pas que cela puisse déprécier l’expérience live ?

Chris : Non car rien ne remplace la sensation physique qu’on ressent devant un concert. Malheureusement, tout le monde ne peut pas en profiter. Je trouve au contraire que ça renforce la puissance d’évocation du festival, qui diffuse des images fortes partout dans le monde, en direct. C’est presque addictif.

Julie : La première édition n’avait pas été retransmise mais pour celle-ci, 20 concerts sont diffusés en direct sur le site d’iconcerts.

Pitchfork est parfois critiqué pour une certaine standardisation des goûts de son lectorat, voire de la musique indie en général. Que répondez-vous à ces accusations ?

Chris : Nous travaillons dur depuis 15 ans pour exprimer une voix qui compte. Notre public nous fait confiance et sait qu’il peut se tourner vers nous pour un journalisme musical honnête et de qualité. C’est une relation privilégiée que nous avons construit et développé au fil des ans. L’effet que cela peut produire sur le monde extérieur est indépendant de notre volonté. Mais je pense que Pitchfork est une goutte d’eau dans l’océan médiatique : après tout, il s’agit de musique, pas de politique.

Pitchfork Festival Paris, du 1er au 3 novembre à la Grande Halle de la Villette (Paris) avec M83, James Blake, Sebastien Tellier, Chromatics, Animal Collective, Grizzly Bear, Twin Shadow, Simian Mobile Disco…
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